Site de critique littéraire, politique et sociale,
athée, laïc et libertaire.
Jeudi 18 octobre 2007


Jean BAUDRILLARD, De la séduction, Galilée, 1979 (les chiffres entre parenthèses renvoient aux références des pages dans cette édition) Jean Baudrillard : (1929-2007) Sociologue touche-à-tout qui a consacré l’essentiel de son travail à penser la société de consommation (La société de consommation, 1970) et les relations des hommes aux objets (Le système des objets, 1968). Polémiste, il s’exprime sur les sujets d’actualité, s’intéresse aux guerres contemporaines (Golfe, 11 septembre…) Dans le dernier tournant de sa pensée, qualifié de post-moderne, Baudrillard aborde la séduction non en sociologue ou en anthropologue mais en philosophe : il ne s’agit pas de décrire des pratiques de séduction mais de définir un concept qui lui sert de clef d’explication du monde. C’est un système de pensée résolument subversif qu’il propose, qui s’oppose à la pensée « linéaire », unilatérale, de la « production ». Vue d’ensemble de la thèse : la séduction se pense autour du paradigme suivant : artifice vs nature, signe, manque vs détail réaliste, exhaustivité, défi vs contrat, le jeu, la règle, le conventionnel vs la liberté et le hasard, la réversibilité vs hiérarchie, la subversion vs opposition. Résumé sélectif des parties saillantes de l’argumentation, en particulier ce qui concerne les analyses de mythes littéraires et la problématique du corps. INTRO : ébauche de définition de la séduction= « toujours celle du mal » « cest lartifice du monde ». (10) : « nous vivons toujours dans la promotion de la nature » « or la séduction n’est jamais de l’ordre de la nature, mais de celui de l’artifice – jamais de l’ordre de l’énergie, mais de celui du signe et du rituel » « la séduction veille à détruire l’ordre de Dieu » 1- L’ECLIPTIQUE DU SEXE Pas d’opposition homme vs. femme, mais une différence générique : féminin vs. masculin (où un homme peut être feminin et vice versa). Le féminin est « ce qui séduit le masculin » (18). Le masculin se définit par une structure en profondeur vs […]
Par Mathilde Argane - Publié dans : en lisant en écrivant - Communauté : Littérature
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Jeudi 13 septembre 2007

Frédéric Beigbeder, Au secours pardonNelly Arcan, Putain La lecture n'est évidemment jamais objective. Quand on lit beaucoup, on constate une double interférence entre l'ouvrage qu'on lit et ceux qu'on a lu. D'abord, on pense bien sûr à tout ce qui est du domaine de l'intertextualité: les livres qui, dans l'histoire littéraire, par leur thème ou leur style, entrent en résonnance avec celui en cours de lecture. De cette sorte d'écho on peut discuter avec ses amis, on peut tomber d'accord, car elle se trouve toute entière dans le texte et chacun peut la retrouver. Plus troublante, plus personnelle, l'interférence se fait aussi, pour peu qu'on lise les livres les uns à la suite des autres, selon la chronologie que l'on a adoptée dans on programme de lecture. Et celle-ci n'a quasiment rien à voir avec le contenu du livre: ce sont deux ouvrages pris ensembles sur les rayons d'une librairie, ou un prêté par un ami, l'autre trouvé dans la bibliothèque des parents, on pourrait multiplier les combinaisons à l'infini. De cette facon des ouvrages se rencontrent qui n'auraient jamais eu rien à se dire par ailleurs, qu'un hasard presque total - si ce n'est le petit dénominateur commun qu'est mon goût personnel qui me fait (é)lire ces deux là parmi la multitude de livres que je ne lirait jamais, parce que leur titre, leur presentation, leur langue... me sont rhédibitoires. Tout ca pour dire que j'ai lu le dernier roman de Beigbeder et le livre-culte de Nelly Arcan l'un à la suite de l'autre. Au secours pardon m'a fait passer les sept heures d'avion de Paris à Montréal - il y aurait tant à dire sur l'influence décisive qu'a le contexte de la lecture dans l'avion, dans ce nulle-part des airs, entre deux plateaux-repas, avec les écrans muets diffusant Sheck III et les voisins de derrière flirtant et se racontant leurs vies. Arrivée à Montréal, le jour de la sortie du dernier et paraît-il excellent livre de la belle Nelly Arcan, je me suis décidée après une longue hésitation à […]
Par Mathilde Argane - Publié dans : en lisant en écrivant - Communauté : Littérature
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Jeudi 13 septembre 2007

Le débat fait rage au Québec autour des fameux accommodements raisonnables, ce moyen terme se voulant humaniste, qui consiste à assouplir la laïcité pour permettre aux individus d'une société libre et libertaire de ne pas se sentir oppressés par un système idéologiquement marqué. La lecture des journaux québécois - en particulier Le Devoir, excellente tribune aux éditorialistes polémiques et/ou pertinents - m'a ces derniers jours inspiré une grande colère. La dangereuse dérive du relativisme culturel s'étalait, dimanche dernier, dans un article pourtant prometteur d'un médecin - philosophe qui cherchait à rattacher l'idée d'accommodeement raisonnable à la philosophie d'Aristote. Pourquoi pas. Ainsi les accommodements aligneraient-ils la loi sur le principe d'équité - adaptée à chacun - plutôt que sur une égalité parfois inadéquate. Soit. Mais l'application laisse à désirer; et c'est toujours sur les mêmes que ca retombe: les femmes, musulmanes. Les voila, celles en faveur de qui - voudrait-on se faire croire - tous les "accommodements" institutionnaliés ou non se font aujourd'hui. Mais de qui se moque-t-on? Voila qu'on se donne bonne conscience et une image d'humanistes ouverts d'esprits, tout sauf sectaires, en accordants des "droits" spécifiques pour ces femmes. Quels sont ces "droits" dont elles pourraient se réjouir? Notre éditorialiste québécois s'attaque au coeur du problème: le refus d'être soignée par un practicien masculin. Au nom de la liberté homme-femme, dit-il, on aurait envie de ne pas tenir compte de cette requête. Mais, il y a un mais, ce cher philosophe du dimanche nous explique que dans certaines "cultures" - comprenez chez les machistes - le fait qu'une femme soit touchée par un autre homme que son mari peut la conduire à être répudiée et rejetée de sa famille. C'est donc au nom d'un accommodement "conséquentiel", "humanitaire" (sic!) qu'il faudrait accéder à sa demande - comprenez: celle de son mari. Nous sommes donc priés de céder au […]
Par Mathilde Argane - Publié dans : démocraties atlantiques - Communauté : Social-démocratie
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Pense-bête

"On connait la scie: trop d'intelligence nuit, la philosophie est un jargon inutile, il faut réserver la place du sentiment, de l'intuition, de l'innocence, de la simplicité, l'art meurt de trop d'intellectualité, l'intelligence n'est pas une qualité d'artiste, les créateurs puissants sont des empiriques, l'oeuvre d'art échappe au système, bref la cérébralité est stérile. On sait que la guerre contre l'intelligence se fait toujours au nom du bon sens." 
R. Barthes, Mythologies.

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