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Lundi 27 août 2007 1 27 /08 /Août /2007 11:47


"Je marche, je rêve dans Vienne, sur trois temps de valse lointaine" Barbara, Vienne "Vienne était la ville des génies, et des imbéciles" Philippe Val, Vienne Quand on a la chance inestimable d'habiter sur le vieux continent, il faut aller à Vienne. Elle n'est pas que le coeur géographique de l'Europe, mais une concentration extraordiaire de talents et d'histoire tout en paradoxes et en fulgurance. La ville de Freud et de Schiele est aussi celle qui a si opiniâtrement boudé Le Nozze de Mozart, au point qu'il alla présenter son Don Giovanni aux Pragois, plus clairvoyants. Bref il faut aller à Vienne pour sentir ce qu'est et ce qu'a été une ville vivant au rythme de la création culturelle, où s'inventait sous les yeux de tous la civilisation européenne. Parmi les innombrables chefs-d'oeuvre que renferment ses musées, on ne manquera pas la salle de Bruegel, où est réunie la plus belle collection d'oeuvres de l'artiste au monde. Entre la tour de Babel et le Banquet, j'aime particulièrement la lutte de Carême et Carnaval. C'est la même scène qu'on retrouve chez Rabelais, dans le Quart Livre, où les Andouilles, disciples de Mardi-Gras, affrontent Quaresmeprenant. C'est une lutte qui n'en finit pas d'agiter la morale, et pas seulement au 16°. C'est une des questions fondamentales à laquelle l'Europe en tant que civilisation a dû répondre. L'enjeu éthique est majeur: aime-t-on mieux dans le sacrifice de soi, dans la privation. La frustration peut-elle être une preuve d'amour? Au Carême on jeune: la capacité à se priver pour Dieu est évidemment une valeur reconnue par tous les dogmes religieux. Qui s'est transposée en morale amoureuse, jusqu'à aujourd'hui. Pourtant, devant le tableau de Brueghel, qui peut vouloir souhaiter la victoire du Carême?
Par Mathilde Argane - Publié dans : des idées
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Jeudi 23 août 2007 4 23 /08 /Août /2007 11:51

Alors voilà, c'est officiel, c'est dans Paris Match - le Journal Officiel de la France Sarkozienne? - 11 000 suppressions de postes dans l'éducation. Et où, précisément? aux lycées et collèges, là où les classes auraient le plus besoin d'être allégées en élèves et non en profs, alors que nos écoles primaires, déjà les plus gâtées en terme de budget, sont protégées. On nous dit que c'est parce que le nombre d'élèves augmente dans le primaire. Mais que va t-on en faire, une fois qu'ils arriveront en 6°? Espère-t-on qu'on va les disséminer dans la nature, et que cette augmentation du nombre d'enfants ne va pas se répercuter aux niveaux supérieurs? Prépare-t-on un large plan de réorientation dès le collège vers les fillières professionalisantes et les sport-étude? J'en ai bien peur. Voici l'école qui a perdu dans sa course la première de ses missions: former les citoyens, pour ne garder que la plus productive, celle qui donne des résultats visibles dans les chiffres sur l'emploi: former à un métier. Comment ces jeunes sans formation civique vont-ils voter demain? comprendront-ils le rôle de la France et de l'Europe dans le monde, les enjeux nationaux et internationaux de leurs choix, ou, comme cette pente les y prépare, ne regarderont-ils que leur propre situation et leur intérêt... voir aussi: "la littérature pour le plaisir" mathilde.argane.over-blog.com/article-11885254.html
Par Mathilde Argane - Publié dans : démocraties atlantiques - Communauté : Unissons nous à gauche...
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Mardi 21 août 2007 2 21 /08 /Août /2007 13:11

Le sarkozysme est un ascétisme : c’est la conclusion à laquelle je suis arrivée quand, après des mois de matraquage médiatique autour des formules « chocs » du candidat puis du gouvernement Sarkozy, je me suis replongé dans l’ouvrage culte de Max Weber, L’Ethique protestante et l’esprit du capitalisme. Ce qui m’a mis la puce à l’oreille, c’est le trop fameux concept de « valeur-travail », repris avec une certaine ambiguïté à droite comme à gauche pendant la campagne. Or, il y avait au fond une immense différence entre les deux sens qu’on donnait à cette formule, assez douteuse au demeurant : Royal parlait plus exactement de la valeur du travail, c’est-à-dire, de façon très traditionnelle, d’une juste rémunération des métiers. Une fois de plus, la candidate de gauche a remis à sa sauce sans bien la comprendre une notion lancée par Sarkozy. Une fois n’est pas coutume, elle n’a pas contesté le fond du débat qu’on lui imposait, elle s’est efforcée d’y faire entendre sa voix. Pourtant, la « valeur-travail » sarkozyste était un – sinon le– pilier de son programme, qu’il aurait fallu scier à la base au lieu de le valider comme allant de soi. On la retrouve partout, du « travailler plus pour gagner plus », au « se lever tôt et travailler dur » qui constituent la profession de foi de cette nouvelle droite qui a réinvestit le champ de la méritocratie contre l’assistanat. Au cœur de cette méritocratie, le Travail : mais attention, pas seulement l’emploi, car il y a de bon et de mauvais employés. Ce que sous-entendent ces formules, c’est qu’on est d’autant plus méritant qu’on a travaillé dur, qu’on s’est donné du mal ; on n’est plus jugé au résultat, mais à l’effort, qui tend à devenir lui aussi une valeur en soi. Sale temps pour les génies, les artistes, les intellectuels, les cerveaux qui ne transpirent pas en travaillant : les fanatiques du travail laborieux sont au pouvoir, et comptent bien faire que la France lève les fesses de son fauteuil et s’agite plus […]
Par Mathilde Argane - Publié dans : des idées - Communauté : Unissons nous à gauche...
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Pense-bête

"On connait la scie: trop d'intelligence nuit, la philosophie est un jargon inutile, il faut réserver la place du sentiment, de l'intuition, de l'innocence, de la simplicité, l'art meurt de trop d'intellectualité, l'intelligence n'est pas une qualité d'artiste, les créateurs puissants sont des empiriques, l'oeuvre d'art échappe au système, bref la cérébralité est stérile. On sait que la guerre contre l'intelligence se fait toujours au nom du bon sens." 
R. Barthes, Mythologies.

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