Jeudi 23 août 2007 4 23 /08 /Août /2007 11:51
Alors voilà, c'est officiel, c'est dans Paris Match - le Journal Officiel de la France Sarkozienne? - 11 000 suppressions de postes dans l'éducation.

Et où, précisément? aux lycées et collèges, là où les classes auraient le plus besoin d'être allégées en élèves et non en profs, alors que nos écoles primaires, déjà les plus gâtées en terme de budget, sont protégées. 
On  nous dit que c'est parce que le nombre d'élèves augmente dans le primaire. Mais que va t-on en faire, une fois qu'ils arriveront en 6°? Espère-t-on qu'on va les disséminer dans la nature, et que cette augmentation du nombre d'enfants ne va pas se répercuter aux niveaux supérieurs? Prépare-t-on un large plan de réorientation dès le collège vers les fillières professionalisantes et les sport-étude?

J'en ai bien peur. Voici l'école qui a perdu dans sa course la première de ses missions: former les citoyens, pour ne garder que la plus productive, celle qui donne des résultats visibles dans les chiffres sur l'emploi: former à un métier. Comment ces jeunes sans formation civique vont-ils voter demain? comprendront-ils le rôle de la France et de l'Europe dans le monde, les enjeux nationaux et internationaux de leurs choix, ou, comme cette pente les y prépare, ne regarderont-ils que leur propre situation et leur intérêt...

voir aussi: "la littérature pour le plaisir" 
mathilde.argane.over-blog.com/article-11885254.html
Par Mathilde Argane - Publié dans : démocraties atlantiques - Communauté : Unissons nous à gauche...
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Commentaires

L'école n'a jamais eu comme mission de former des citoyens. Même dans ses débuts, il fallait unifier la langue du pays (de force parfois, les Bretons en causent encore), et la France avait besoin de patriotes. L'Etat n'a pas l'ambition de former des jeunes qui réfléchissent, preuve en est l'abandon de la littérature* donc des valeurs (non pas du travail comme le désirent certains, mais de toutes celles qui lient la communauté humaine) et de la construction d'une conscience. Ne râlez pas sur le primaire, leurs difficultés sont à considérer, quand les classes sont de double niveau avec 33 élèves, je ne crois pas qu'ils soient à envier. L'objectif de l'Etat est budgétaire donc il s'agit de supprimer le maximun d'effectifs. Le service public, où qu'il soit, est actuellement en déprise. Les français ne s'en rendent pas compte car la majorité d'entre eux est tellement persuadée de la fainéantise des fonctionnaires qu'elle approuve ces mesures. Il sera trop tard quand ils seront confrontés à l'admistration à l'américaine avec une école publique déficiente. * quand je dis qu'on ne fait plus de littérature, et cela depuis de nombreuses années, c'est que les élèves de collège n'apprennent plus la grammaire et sont donc confrontés à ce manque dans tous les usages de la langue écrite, et ont donc des difficultés à en apprivoiser les subtilités. Et paradoxalement on limite la littérature, y compris au lycée, à un exercice de style, les procédés d'écriture ne sont plus au service du sens. Heureusement qu'il existe encore quelques professeurs qui remédient aux stupidités académiques.
Commentaire n°1 posté par polly le 24/08/2007 à 20h24

Pense-bête

"On connait la scie: trop d'intelligence nuit, la philosophie est un jargon inutile, il faut réserver la place du sentiment, de l'intuition, de l'innocence, de la simplicité, l'art meurt de trop d'intellectualité, l'intelligence n'est pas une qualité d'artiste, les créateurs puissants sont des empiriques, l'oeuvre d'art échappe au système, bref la cérébralité est stérile. On sait que la guerre contre l'intelligence se fait toujours au nom du bon sens." 
R. Barthes, Mythologies.

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