Je trouve étonnant qu'on n'ait pas plus rapproché ces deux événements pourtant largement médiatisés ces dernières semaines que sont d'une part la loi contre la fraude au regroupement familial - dont le test ADN ne constitue qu'un des aspects les plus discutables - et le scandale en cours de l'Arche de Zoé. La dernière intervention du président Sarkozy, qui affirme qu'il ira chercher les ressortissants français emprisonnés au Tchad "quoi qu'ils aient fait" est parfaitement contradictoire avec la sévérité et la vertueuse intransigeance vis-à-vis de la fraude dont il a voulu faire sa marque de fabrique. Alors certes les humanitaires de l'Arche de Zoé ont sans doute cru bien faire en enlevant des enfants pour les envoyer en France, où ils seraient plus en sécurité bien que privés de leurs famille. Willem, dans Charlie Hebdo de la semaine dernière a magnifiquement mis au jour l'argument dont ils se servent: on voit sur son dessin un Noir dire à Zoé "mais ces enfants ne sont pas orphelins", et elle répondre: "ils le seront bientôt!". Évidemment, dans la vision canonique de l'Afrique que partagent les racistes et les paternalistes pleins de bons sentiments néo-coloniaux européens, tout vaut mieux pour un enfant que de grandir sur ce continent enragé et barbare. On a donc très bonne conscience en les faisant venir en France, on sent bien qu'au fond on leur rend service et qu'ils nous remercierons plus tard. Même si cette logique est pour le moins douteuse quand elle est appliquée par une association qui a organisé le départ des enfants en toute illégalité et en mentant à la fois aux parents africains et aux familles d'accueil française, on ne peut nier que la pression immigratoire de l'Afrique vers la France ne soit parfois - souvent - motivée par la peur, le désir de venir trouver un refuge et une vie meilleure dans un pays en paix. Que cette nécessité soit prioritaire, des vies étant en danger, sur le respect des procédures administratives souvent longues et
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Par Mathilde Argane
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Réponse aux membres du GAP-QI: Votre tribune du 18 octobre dans le Devoir illustre à la perfection la confusion que vous semblez vouloir dénoncer: vous mélangez vous aussi la question de l'accueil des immigrants et celle de la laïcité, alors que vous avez tout-à-fait raison de dire que cet amalgame est la principale cause du "nationalisme identitaire" que l'on entend ressurgir, autant au Québec autour de la commission Bouchard-Taylor, qu'en France au Ministère de l'Immigration et de l'identité nationale. En effet, vous rejetez à raison le test de langue française et le contrat de "valeurs à partager" que l'on veut imposer aux immigrants; vous soulignez avec justesse que la réaffirmation de la langue française et de valeurs comme la laïcité sont des défis qui concernent l'ensemble de la société québécoise, immigrants y compris mais pas immigrants seulement, et que par conséquent ces principes n'ont pas à être imposés, de façon discriminatoire, à une seule partie de la population. J'ajouterai même qu'ils gagneraient à être expliqués et débattus auprès de l'ensemble de la population. En revanche, vous mettez dans le même panier cette proposition qui n'est pas du domaine de l'immigration mais bien une question de société: l'interdiction des signes religieux dans la fonction publique, c'est-à-dire pour les représentants de l'État. Vous considérez, à tort, que "notre laïcité se porte bien au Québec". Vous assimilez, à tort, la laïcité à "une religion" qui voudrait "imposer ses valeurs à l'ensemble". Deux choses: d'abord, la laïcité n'est pas le catholicisme. Quand nous autres, juifs, musulmans, chrétiens, athées, nous avons affaire à un représentant de l'État qui dans sa fonction porte ostensiblement le signe d'une appartenance religieuse - et le plus souvent ça n'est pas un foulard mais une croix - nous nous sentons à juste titre heurtés par cette affirmation, qui passe pour légitime compte tenu de l'histoire, que le Québec est catholique. Le citoyen ordinaire ne
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Par Mathilde Argane
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Le débat fait rage au Québec autour des fameux accommodements raisonnables, ce moyen terme se voulant humaniste, qui consiste à assouplir la laïcité pour permettre aux individus d'une société libre et libertaire de ne pas se sentir oppressés par un système idéologiquement marqué. La lecture des journaux québécois - en particulier Le Devoir, excellente tribune aux éditorialistes polémiques et/ou pertinents - m'a ces derniers jours inspiré une grande colère. La dangereuse dérive du relativisme culturel s'étalait, dimanche dernier, dans un article pourtant prometteur d'un médecin - philosophe qui cherchait à rattacher l'idée d'accommodeement raisonnable à la philosophie d'Aristote. Pourquoi pas. Ainsi les accommodements aligneraient-ils la loi sur le principe d'équité - adaptée à chacun - plutôt que sur une égalité parfois inadéquate. Soit. Mais l'application laisse à désirer; et c'est toujours sur les mêmes que ca retombe: les femmes, musulmanes. Les voila, celles en faveur de qui - voudrait-on se faire croire - tous les "accommodements" institutionnaliés ou non se font aujourd'hui. Mais de qui se moque-t-on? Voila qu'on se donne bonne conscience et une image d'humanistes ouverts d'esprits, tout sauf sectaires, en accordants des "droits" spécifiques pour ces femmes. Quels sont ces "droits" dont elles pourraient se réjouir? Notre éditorialiste québécois s'attaque au coeur du problème: le refus d'être soignée par un practicien masculin. Au nom de la liberté homme-femme, dit-il, on aurait envie de ne pas tenir compte de cette requête. Mais, il y a un mais, ce cher philosophe du dimanche nous explique que dans certaines "cultures" - comprenez chez les machistes - le fait qu'une femme soit touchée par un autre homme que son mari peut la conduire à être répudiée et rejetée de sa famille. C'est donc au nom d'un accommodement "conséquentiel", "humanitaire" (sic!) qu'il faudrait accéder à sa demande - comprenez: celle de son mari. Nous sommes donc priés de céder au
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Par Mathilde Argane
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